Environnement Lançonnais

Le Canada tarifie le carbone

vendredi 1er décembre 2017 par Alain KALT (retranscription)

Le 13 décembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg

Le gouvernement fédéral a imposé à presque toutes les provinces la taxation des émissions de CO2. Pour des raisons différentes quelques-unes entendent faire bande à part.

Le pays à la feuille d’érable va faire sensation. Il sera le premier en Amérique du Nord à tarifier, au plan national, les émissions de gaz carbonique. C’est l’une des principales mesures du Cadre canadien sur la croissance propre et les changements climatiques, adopté le 9 décembre par le gouvernement fédéral et la plupart des provinces.

50 $/t en 2022

Concrètement, les rejets carbonés seront taxés, dès 2018, à hauteur de 10 dollars canadiens la tonne (7,2 €/t). Il grimpera, par la suite, de 10 $CA par an jusqu’à atteindre les 50 $CA/t en 2022. « La tarification de la pollution par le carbone est un moyen efficient de réduire les émissions de GES, de stimuler l’innovation et d’inciter les gens et les entreprises à moins polluer. Il s’agit d’un élément fondamental du Cadre, que les gouvernements travailleront ensemble à mettre en œuvre », a justifié le Premier ministre fédéral Justin Trudeau.

Moins 200 Mt CO2

L’objectif fixé par le gouvernement de Justin Trudeau est de réduire d’un tiers les émissions canadiennes de gaz à effet de serre entre 2005 et 2030. Ce qui suppose d’abattre les rejets nationaux de plus de 200 Mt/an en 15 ans.

Les nouvelles normes de consommation des véhicules lourds et le programme de maîtrise des fuites de méthane devraient permettre d’alléger de près de 89 Mt/an l’empreinte carbone canadienne. La fin des centrales au charbon, le développement de la voiture électrique et le durcissement des normes énergétiques (dans le bâtiment notamment) devraient éviter l’émission de 86 Mt/an à l’horizon 2030.

A charge pour la taxation du carbone de réduire d’une quarantaine de millions de tonnes de CO2 par an les rejets, notamment industriels. Voilà pour le cadre général. Evidemment, il souffre de quelques exceptions.

L’exception de la Colombie britannique

Après avoir mis en œuvre sa taxe carbone sur les carburants et les combustibles, dès 2008, la Colombie britannique n’entend pas changer immédiatement de mécanisme qui, par ailleurs, a fait ses preuves. La troisième province canadienne n’adoptera le dispositif national qu’au moment où celui-ci atteindra les 30 $CA/t (21,5 €/t), le taux actuel pratiqué à Vancouver. L’Alberta prévoit aussi d’introduire une taxe carbone sur le modèle de celle de la Colombie britannique. Pas question toutefois de rejoindre le Cadre fédéral. A moins, bien sûr, qu’Ottawa n’approuve la construction d’un oléoduc pour exporter l’huile extraite des gisements de sables bitumineux de l’Athabasca.

Le Québec résiste

Autre exception : l’inévitable Québec. Membre du marché de quotas d’émission ouvert par la Californie (la WCI), la province francophone taxe déjà les émissions carbonées industrielles. L’Ontario rejoindra ce marché nord-américain l’an prochain.

Il y a aussi quelques mauvaises têtes. Les premiers ministres des provinces pétrolières du Manitoba et de la Saskatchewan ont, purement et simplement, refusé d’adhérer au Cadre canadien. La Saskatchewan n’entend pas pénaliser son industrie pétrolière. Le Manitoba veut surtout obtenir plus de subsides fédéraux pour financer son système de santé.

Justin Trudeau a prévenu : toutes les provinces devront tarifer les émissions de CO2, y compris contre leur gré. L’affaire pourrait se poursuivre devant les tribunaux.

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