Environnement Lançonnais

Toxicité de l’aspartame : des nouveaux faits scientifiques rejetés

dimanche 6 mars 2011 par Alain KALT (retranscription)

01-03-2011

En janvier dernier, Réseau Environnement Santé soumettait deux nouvelles études scientifiques, relatives à l’impact des édulcorants sur la santé humaine, à l’Anses (1) afin que celles-ci les examinent en collaboration avec l’EFSA (2). Désormais chose faite, force est de constater que ces deux nouveaux rapports n’ont pas fait changer de position l’agence, qui n’y voit pas de preuve concluante confirmant la dangerosité de ces substances. Réalisée par le Dr Morando Soffritti et l’équipe du Centre de Recherche sur le Cancer Ramazzini de Bologne, la première de ces publications démontrait que l’administration d’aspartame via l’alimentation, depuis la période prénatale jusqu’à la fin de la vie, provoque le cancer du foie et du poumon chez la souris Swiss mâle. Toutefois, les scientifiques de l’EFSA « ont conclu que la validité de l’étude et l’approche statistique adoptée ne pouvaient pas être évaluées et par conséquent que ses résultats ne pouvaient pas être interprétés ». Ils se justifient en estimant que les études expérimentales réalisées sur toute la durée de vie des animaux peuvent mener à des conclusions erronées, les animaux plus âgés étant, par exemple, davantage susceptibles de contracter une maladie. En outre, d’après les conclusions rendues, les souris suisses, utilisées dans cette étude, sont connues pour présenter une incidence élevée de tumeurs hépatiques et pulmonaires spontanées. Aussi, concluant qu’il n’y a pas suffisamment de preuves scientifiques justifiant de revoir les évaluations précédentes relatives à l’aspartame, l’EFSA valide l’absence de potentiel génotoxique et carcinogène de l’aspartame.

Seconde étude impliquée dans cette évaluation, la publication Halldorsson et al. (2010), réalisée auprès de 60 000 femmes danoises enceintes, démontrait que la consommation quotidienne de boissons non alcoolisées contenant des édulcorants artificiels était susceptible d’augmenter le risque d’accouchement prématuré. Une fois encore, l’EFSA n’a pas été convaincue par les résultats rendus, estimant qu’aucune preuve disponible dans l’étude ne permettait d’affirmer qu’il existait effectivement un lien de causalité entre la consommation de boissons non alcoolisées contenant des édulcorants artificiels et l’accouchement prématuré.

Y voyant « une nouvelle démonstration des faiblesses de la déontologie de cette agence », Réseau Environnement Santé (RES) déplore que, pour la 3ème fois, l’EFSA nie une étude de cancérogénicité positive. RES juge d’autant plus inacceptable la non remise en cause de l’actuelle DJA (3) dans la mesure où celle-ci fut fixée sur la base de deux études datant de 1973 et 1974, et n’ayant jamais été publiées.

Mais le dossier sur les édulcorants n’en est pas clos pour autant. Les 1er et 2 mars 2011, les membres du groupe ANS (3) sont chargés d’examiner la déclaration de l’Autorité et d’envisager la possibilité d’entreprendre des travaux complémentaires en lien avec ces études.

Cécile Cassier 1- Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. 2- Autorité européenne de sécurité des aliments. 3- Dose Journalière Admissible 4- Groupe scientifique sur les additifs alimentaires et les sources de nutriments ajoutés aux aliments.


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