Environnement Lançonnais

Chronique de la catastrophe de Fukushima.

lundi 23 janvier 2012 par Alain KALT (retranscription)

En résumé

A Fukushima, trois fusions partielles de cours, deux incendies de combustible usé et cinq explosions d’hydrogène sont survenues. Depuis le séisme et le tsunami du 11 mars 2011, ceci relâche des quantités colossales de radioactivité dans l’atmosphère. L’agglomération de Tokyo, 35 millions d’habitants est aujourd’hui contaminée. Dans certains quartiers, le niveau d’exposition atteint 300 fois la normale.

Rappel

Il avait fallut 20 jours pour noyer le réacteur de Tchernobyl sous le sable, 600 000 personnes y ont été sacrifiées. 25 ans après, selon une récente étude américaine, on approche le million de morts. La région de Kiev où se trouve le réacteur de Tchernobyl ne comptait que deux millions d’habitants. La région de Gomel au nord en comptait environ 1,5 million. Il y a donc dix fois plus de personnes exposées aujourd’hui.

1er septembre 2011

Un 42e réacteur est arrêté au Japon. Il n’en reste plus que 12 en fonctionnement sur 54.

Corinne Lepage, de retour du Japon monte au créneau pour dénoncer le silence mensonger des médias français. Après avoir rencontré des ministres japonais, elle confirme que les cours des réacteurs 1, 2 et 3 de Fukushima ont fondu, que les cuves ont été transpercées

5 septembre

Un typhon traverse le Japon . et provoque une dispersion importante de débris et terres contaminées entassés souvent sous de simples bâches dans la région de Fukushima. Koichiro Gemba, nouveau ministre des affaires étrangères du Japon, a annoncé que son pays allait orienter sa diplomatie pour faire la promotion des énergies renouvelables.

8 septembre

Alors qu’une procédure avait été adoptée pour le contrôle des installations nucléaires françaises, Areva et le CEA ont annoncé leur refus des visites programmées par l’Autorité de sûreté nucléaire. Alors qu’EDF est d’accord, Areva et le CEA refuse les visites qui prévoient la présence de représentants syndicaux, de parlementaires et de représentants du milieu associatif. La transparence a donc une nouvelle fois ses limites.

20 septembre

TEPCO reconnaît que 200 à 500 tonnes d’eau contaminée pénètrent chaque jour dans le sol. lequel en contient déjà plus de 80 000 tonnes. Cette eau est fortement contaminée.

Le quotidien Mainichi Shugum publie un sondage qui indique que 65 % des Japonais préfère des coupures d’électricité plutôt que l’on redémarre les réacteurs nucléaires arrêtés. Malgré l’arrêt de neuf réacteurs nucléaires, le gouvernement allemand annonce que l’Allemagne reste exportatrice d’électricité et que son premier client est toujours la France.

22 septembre

Un séisme de magnitude 5,3 secoue la région de Fukushima.

La banque d’investissement de l’Etat allemand KWE indique que sortie du nucléaire en Allemagne va nécessiter environ 250 milliards d’euros en dix ans et que l’Etat va prêter 100 milliards aux entreprises pour cela. 145 milliards vont concerner la production à partir des renouvelables, 62 milliards les réseaux de chaleur, 17 milliards l’efficacité énergétique, entre 10 et 29 milliards le réseau électrique et 5 à 10 milliards les centrales gaz à cogénération, seul recours au thermique. Ceci s’ajoute à un plan d’isolation des bâtiments déjà lancé avant cela. Interrogeant un responsable du CEA qui analyse les données allemandes, Le Figaro titre "Sortir du nucléaire coûterait 750 milliards". Mais ce qu’il oublie de dire ce que renouveler le parc nucléaire coûterait sans doute tout aussi cher : 58 EPR à 7 milliards, cela fait 406 milliards, démantèlement des réacteurs existants, de l’ordre de 100 milliards, gestion des déchets radioactifs d’aujourd’hui et de demain, plusieurs centaines de milliards. sans compter les problèmes de santé du personnel sous-traitant exposé à la radioactivité, sans compter un possible accident (Tchernobyl a coûté plus de 1000 milliards). Selon l’association Global Chance qui a chiffré des scénarios, la poursuite du nucléaire coûterait 470 milliards d’ici 2031. alors qu’un scénario de sortie du nucléaire ne coûterait que 410 milliards.

5 octobre

Parution d’un hors-série du Canard enchaîné "Nucléaire, c’est par où la sortie ? Le grand débat après Fukushima".

6 Octobre

La consommation de bougie a été multiplié par 22 au Japon, ce qui provoque des des spéculations sur les cours de la paraffine et de la cire d’abeille à la bourse de Tokyo.

15 octobre

Entre 12000 et 15000 personnes manifestent à Rennes pour la sortie du nucléaire et l’arrêt de la construction de l’EPR de Flamanville. Dans la foule : Eva Joly (EELV), Corinne Lepage (Cap21), Philippe Poutou (NPA). Ils étaient également 2000 devant la centrale de Bugey, près de Lyon. Il y avait également un millier de participants aux manifestations de Bordeaux, Toulouse, Avignon, Dunkerque, Strasbourg. Soit plus de 20 000 personnes au total.

Comme chaque jour, les quotidiens japonais donnent des exemples de mesures de contamination trop élevé dans la nourriture : riz, thé, poisson, algues. Et à chaque fois, les producteurs se disent incapables de faire les vérification nécessaires. TEPCO annonce avoir 175 000 tonnes d’eau contaminée à traiter, sans compter les fuites qui ont pollué la mer et les nappes phréatiques. Pour rappel, le 22 juin 2011, lorsque l’opération de "recyclage" est lancée, avec le soutien d’Areva, on en était à 110 000 tonnes. et tout devait être traité en 150 jours. Tout cela n’était donc que de la communication ! Comme c’était prévisible, il n’existe aucun moyen de traiter l’eau radioactive.

22 octobre

Une étude publiée au Japon indique que 70 % des personnes qui ont été déplacées suite au tremblement de terre et à la pollution radioactive, sont aujourd’hui au chômage.

24 octobre

Le gouvernement japonais demande à Tepco de provisionner un fonds d’aide aux victimes à hauteur de 24 milliards d’euros. Il ne s’agit que d’un premier versement. Tepco devra atteindre 43 milliards d’euros d’ici mars 2013.

Les autorités japonaises sont confrontées à un nouveau problème : les fumées d’incinérateurs qui brûlent les déchets ménagers, concentrent la radioactivité et la redispersent dans les airs. Les incinérateurs produisent en plus des cendres et des mâchefers hautement radioactifs. Certaines villes ont décidé d’arrêter les incinérateurs. mais ne savent plus où stocker les ordures ménagères. La seule ville de Nagareyma a déjà estimé avoir dépensé 2,3 millions d’euros pour pallier l’arrêt de son incinérateur.

28 octobre

Selon Les Echos, EDF suspend ses projets d’EPR en Grande-Bretagne, estimant les conditions financières non-réunies. Comprendre : le gouvernement ne veut pas accorder de subventions. Sans subventions, le nucléaire n’est pas rentable.

TEPCO demande à l’Etat japonais une aide de mille milliards de yens (9,4 milliards d’euros) pour venir en aide aux victimes. La Belgique confirme le maintient du plan de sortie du nucléaire adopté en 2003, qui prévoit la fermeture de ses réacteurs entre 2015 et 2025.

2 novembre

Le Mexique annonce qu’il renonce à son programme nucléaire (10 réacteurs) et va construire à la place des centrales thermiques au gaz.

Le gouvernement japonais a lancé une campagne publicitaire pour inciter à économiser l’électricité pendant l’hiver : pour se réchauffer, mieux vaut cuisiner des plats chauds (gaz) que de monter le chauffage (si électrique), mieux vaut marcher que prendre le métro, mettre un vêtement de plus que de chauffer à plus de 20°C.

A Kiev, en Ukraine, un millier de "liquidateurs" de Tchernobyl attaquent le parlement pour protester contre la suppression de leurs aides sociales.

9 novembre

Après la baisse de la demande en uranium, Areva annonce son retrait du projet d’exploitation de mines en République centrafricaine.

Eva Joly adresse une lettre ouverte aux syndicats de l’énergie. Elle y dénonce les amalgames d’Henri Proglio concernant les emplois en cas de sortie du nucléaire. Elle reconnaît que cela entraînera la baisse du nombre d’emplois dans le nucléaire (sur une longue durée), mais que cela permettra la création de bien plus d’emplois dans les autres secteurs de l’énergie, comme c’est déjà le cas en Allemagne.

10 novembre

Les cinq évêques catholiques du Japon demandent la fermeture de toutes les centrales nucléaires du pays.

25 novembre

Lors d’une visite à la centrale nucléaire du Tricastin, Nicolas Sarkozy fait un violent discours contre les socialistes et les écologistes, les accusant de vouloir revenir au Moyen-Age, à la bougie, annonçant un risque massif de délocalisation si le prix de l’électricité augmente. François Hollande a dénoncé les mensonges d’un chef d’Etat qui présente la question énergétique de manière caricaturale selon un schéma ancien.

Corinne Lepage dénonce le scandale lorsque Sarkozy fait un amalgame entre les attentats qui ont coûté la vie à Georges Besse, ancien PDG de la Cogéma, abattu par Action directe, avec les antinucléaires. Greenpeace a invité le chef de l’Etat à entrer dans le 21e siècle. L’Observatoire du nucléaire a rappelé que 170 pays se passent du nucléaire et que les voisins de la France y renoncent les uns après les autres (Espagne, Italie, Suisse, Allemagne, Belgique.). Greenpeace appelle l’UMP à prendre conscience de l’immense gisement d’emplois que constituerait le développement des énergies renouvelables.

Selon Politis, on trouve dans le staff de Sarkozy qui lui prépare ses discours, Patrick Buisson, ancien directeur de Minute, actuellement journaliste à Valeurs actuelles. Selon un sondage, 61 % des Belges sont pour le maintien d’une sortie du nucléaire avant 2015. et 21 % sont contre.

28 novembre

En 2010, un convoi de déchets nucléaires allemand avait mis 92 heures pour aller de La Hague à Gorleben. En 2011, la multiplication des manifestations ont permis de le ralentir encore plus. Plusieurs centaines de personnes ont réussi à retarder son départ de la gare de Valognes (Manche), mais c’est surtout en Allemagne, que les blocages se sont multipliés, le record revenant à des agriculteurs qui ont creusé un trou dans la voie ferrée avant de s’y enterrer sous un dôme de béton : il a fallu 14 h pour libérer la voie ! Plus de 25 000 personnes et 500 tracteurs ont bloqué les 20 km parcouru sur la route. Plus de 1300 personnes ont été interpellées le long des rails, plus de 1800 sur la route. Il a fallu déployer 19000 policiers pour arriver à faire passer le convoi. Lequel aura mis 126 heures pour parcourir 1200 km. Les syndicats de policiers allemands estiment le coût de l’opération à 35 millions d’euros. Il y a eu 320 blessés dont 4 graves (fractures et morsures de chien).

François Hollande annonce dans une tribune publiée dans Le Monde (daté du 29) qu’il n’appliquera pas l’accord EELV-PS en particulier en ce qui concerne la sortie du nucléaire et le renoncement au droit de veto à l’ONU. Il s’engage sur un débat sur la question énergétique, la fermeture de Fessenheim (et elle seule), la poursuite de l’EPR (même s’il continue à accumuler les ennuis !) et à ne pas lancer de nouveaux réacteurs.

29 novembre

Le gouvernement japonais étend la zone d’interdiction de commercialisation du riz. Environ 450 fermes rizicoles sont déjà concernées et 2381 autres sont dans l’attente de contrôles de radioactivité. C’est actuellement 8 % de la surface agricole du Japon qui n’a déjà plus le droit de commercialiser ses produits. Cette mesure intervient après avoir intercepté du riz dont le taux de radioactivité dépasse 2000 becquerels par kilo (limite autorisée : 500).

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