Environnement Lançonnais

Les gaz de schistes représentent 30% de la production aux USA

mercredi 29 février 2012 par Alain KALT (retranscription)

Dans son discours sur l’Etat de l’Union, le président américain Barack Obama a salué le potentiel énorme qu’offrait le pays en terme de gaz naturel et singulièrement celui des gaz de schiste. Le président a mis l’accent sur le succès de l’industrie du gaz de schiste. "Nous avons presque 100 ans de réserves de gaz naturel et mon administration va tout faire ce qui est possible pour développer cette énergie de façon sûre". Cela "créera des emplois et propulser des camions et des usines moins polluantes et à moindre coût, prouvant qu’on n’a pas besoin de choisir entre notre environnement et notre économie."

Concernant l’extraction controversée, il a fait écho aux recommandations émanant d’un comité consultatif qui se propose de légiférer sur 20 recommandations dont certaines, vont bien au-delà de ce qui le président américain a mentionné dans son discours.

Mais comme en France, cette source d’énergie reste sujette à vive polémique.

En faisant éclater les couches de roches à des centaines de mètres sous terre, le procédé de fracturation hydraulique a libéré tellement de minuscules bulles de méthane que le gaz de schiste représente aujourd’hui près de 30% de la production de gaz aux États-Unis. L’augmentation de l’offre a eu pour effet de faire baisser le prix du gaz domestique, au plus bas depuis 10 ans.

Les Etats-Unis ont augmenté leurs réserves et sont même devenus exportateur net de gaz pour la première fois en 2010. "L’industrie du gaz permettra de soutenir plus de 600.000 emplois d’ici la fin de la décennie", a également déclaré B. Obama.

Mais les préoccupations environnementales au sujet de cette technologie bien spécifique - la fracturation hydraulique - sont quasi-journalières dans les Etats concernés, dont les griefs concernent principalement la toxicité du procédé avec la pollution des nappes phréatiques, via l’utilisation d’additifs.

Pour cette raison, B. Obama a indiqué que les producteurs de gaz naturel seront tenus de divulguer la liste des produits chimiques qu’ils ajoutent à l’eau et au sable lorsque les gisements sont exploités sur le sol fédéral.

Le comité consultatif sur les gaz de schistes a appelé à une telle divulgation par les opérateurs sur l’ensemble des territoires du pays. Il a même recommandé que les données (puits par puits) soient affichées et mises à la disposition du grand public sur des sites internet.

"Le problème demeure que le président possède des compétences juridictionnelles sur les territoires fédéraux, tandis que les Etats réglementent l’activité sur des terrains privés, là où se trouvent la plupart des permis de gaz de schiste", a déclaré le géophysicien Mark Zoback de l’Université de Stanford.

Il ajoute : "l’exception à la règle, nommée ’Halliburton Loophole’ et adoptée par le Congrès fait que les opérateurs gaziers ne sont pas tenus de divulguer le nom des produits chimiques injectés dans les fluides de fracturation. C’est une véritable erreur, car il rend le public inutilement paranoïaque."

"Les additifs chimiques utilisés au cours de la fracturation hydraulique ne sont pas vraiment un problème grave", a affirmé M. Zoback lors d’un séminaire de l’énergie à l’Institut Précourt. Le problème est ailleurs : "une fois injectée dans le schiste, l’eau devient en capacité de récupérer naturellement du sélénium, de l’arsenic, du fer, beaucoup de sel et même des particules radioactives". Ainsi, lorsque l’eau reflue du puits, "elle doit être traitée de façon appropriée". En règle générale, "les compagnies réutilisent ou injectent cette eau dans des aquifères salins profonds".

"Dans l’ouest de la Pennsylvanie, les compagnies de gaz ont d’abord indiqué que le recyclage de l’eau utilisée pour la fracturation hydraulique ne pouvait être viable économiquement," a indiqué M. Zoback. "Mais parce qu’il n’existait pas vraiment de bons traitements d’élimination sans dangers, elles recyclent désormais 95% de l’eau, et cela ne semble pas être si compliqué (...) cependant, il reste encore beaucoup à découvrir sur cette technologie en pleine expansion" a t-il ajouté.

Le président Obama a cité le développement du gaz de schiste pour justifier les investissements fédéraux en matière de technologies "d’énergies propres". En effet, ces dernières ont été la cible d’attaques depuis la faillite de Solyndra, un fabricant de panneaux solaires qui avait reçu des garanties financières de l’Etat à hauteur de 500 millions dollars.

"Les Fonds publics pour la recherche au cours de ces 30 dernières années ont aidé à développer des technologies pour extraire tous ces gaz de schistes - nous rappelant que le soutien du gouvernement est essentiel pour aider les entreprises à découvrir de nouvelles idées sur les énergies" a aussi déclaré le président Obama dans son discours. "Les retombées suite à ces investissements publics ne sont pas immédiates. Certaines technologies ne marchent pas. Certaines entreprises échouent. Mais je ne vais pas pour autant délaisser la promesse d’une énergie propre".

"Bien régulés, les approvisionnements en gaz à un prix avantageux pourraient supplanter le charbon comme source principale d’électricité générée par les combustibles fossiles, ce qui serait un progrès dans la réduction de la menace du changement climatique," a affirmé M. Zoback. "Le gaz génére moitié moins de dioxyde de carbone par kilowatt-heure d’électricité produite à partir du charbon. Si les grandes compagnies pétrolières investissent massivement dans le développement du gaz naturel liquifié pour remplacer l’essence et le diesel dans les transports, cela pourrait améliorer la sécurité économique et nationale."

"Le combustible gaz est un pont vers un avenir décarbonisé, et non pas seulement un moyen de soutenir l’activité As Usual" a conclu M. Zoback.

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