Environnement Lançonnais

Antibiotiques et toc

mercredi 22 mai 2013 par Alain KALT (retranscription)

(Source : Le Canard Enchainé du 10 avril 2013)

Poulets, cochons, dindes, saumons, lapins et compagnie : pour rentabiliser leur élevage, on les entasse telles des sardines dans des hangars concentrationnaires, du coup ils sont très fragiles. Ils se refilent à vitesse accélérée leurs maladies. L’un éternue, tout le monde est sur le flanc.

Les éleveurs les bourrent donc d’antibiotiques. Avant même qu’ils ne soient malades. Et ; comme en prime, les antibiotiques ça accélère la croissance, jusqu’en 2006 (date à laquelle cette pratique a été interdite), ils en ont ajouté dans leur gamelle. Ils les ont dopés à mort.

Le hic avec les antibiotiques, c’est que les bactéries ne sont pas stupides. Elles apprennent vite à les connaître, à leur résister. Les souches antibiorésistantes, comme ont dit, se multiplient. Et comme plusieurs d’entre elles adorent se promener, passer du cochon à l’homme par exemple, voilà que certains humains se retrouvent porteurs de bactéries en béton armé, qui résistent à tous les traitements. Chaque année en Europe, 25000 personnes meurent à cause d’elles. Or, il en est de plus ou moins contagieuses. Quand l’une d’elles le sera hautement....

Nous sommes dans une situation précatastrophique, dit le professeur Andremont, de l’hôpital parisien Bichat c’est le moment d’agir (Le Monde du 6/4).

Comment ?

En évitant que les animaux ne tombent malades, donc en améliorant les techniques d’élevage, ainsi que le conseille, dans ce même article du Monde, Gilles Salvat, de l’Agence nationale de sécurité sanitaire : bien ventiler les bâtiments, changer l’eau de boisson, bref, appliquer quelques règles d’hygiène de base. Ce qui nous prouve que jusqu’ici, question hygiène...

L’an dernier, le ministère de l’Agriculture a lancé un grand plan de 2 millions d’Euros baptisé ecoantibio, qui vise à réduire de 25 % les antibiotiques en 5 ans.

"J’espère que l’on réussira le challenge, sous réserve qu’il n’y ait pas d’atteinte à l’économie de l’élevage", avertit Pascal Férey, de la FNSEA, toujours à al pointe du productivisme agricole. Pas question en effet d’abandonner l’élevage industriel concentrationnaire et de laisser les cochons folâtrer dans les prés.

Pour éviter les antibios, on ne va quand même pas passer à l’élevage bio.


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