Environnement Lançonnais

Phytothérapie, où en est-on ?

lundi 30 septembre 2013 par Alain KALT (retranscription)

Peut être avez-vous remarqué le dossier réalisé cet été par le magazine Le Point sur les plantes. « La phytothérapie, la grande révolution » titrait le magazine où l’on pouvait lire d’emblée : « Hier remède de grand-mère, aujourd’hui science parfaitement maîtrisée, la phytothérapie permet de soigner plus de 80 troubles ».

Qu’un magazine si institutionnel, si proche du pouvoir, réalise sa Une sur le sujet, confirme qu’il existe une tendance de fond favorable à certaines médecines alternatives. Le problème est que ce dossier suit un schéma de communication vu et revu. On commence par dire que la science a fait des progrès (donc on a le droit d’en parler), puis que les plantes ont des vertus, surtout comme médecine complémentaire, et on conclut sur les dangers liés à leur utilisation. On aimerait une communication aussi prudente sur les médicaments chimiques ! Mais le vrai problème est ailleurs.

Si l’on veut vraiment se soigner avec des plantes, il existe au moins 5 obstacles à surmonter :

1/ Trouver un phytothérapeute

Pour une réelle efficacité (et pour éviter les dangers liés à la toxicité de certaines plantes), il faut d’abord trouver un phytothérapeute. Or, bien qu’il y ait plus de 100 000 médecins généralistes en France, rares sont ceux ayant suivi une formation en phytothérapie. La formation est très limitée et la discipline n’est pas reconnue comme une spécialité. Seuls quelques passionnés s’y essayent !

On aura plus vite fait de trouver un naturopathe mais la question de leur formation dans le domaine des plantes est tout aussi problématique même s’ils sont plus sensibles au sujet.

2/ Trouver le médecin qui vous convient

En outre, les phytothérapeutes ne sont pas d’accord entre eux sur la manière de pratiquer leur art (c’est le propre des résistants que d’avoir du mal à s’unir !). Certains pratiquent la phytothérapie de manière complémentaire, voire annexe, d’autres ont une approche purement symptomatique et agissent comme des allopathes en remplaçant le médicament par une plante. D’autres encore choisissent une approche préventive. Pour eux, l’intérêt des plantes médicinales vient de ce que chaque plante contient plusieurs principes actifs. En proposant des mélanges de plantes on offre des solutions globales de soin. Le but est de renforcer le terrain et de corriger les déséquilibres avant qu’une maladie chronique n’apparaisse.

Trouver son phytothérapeute peut prendre du temps !

3/ Trouver un herboriste

Il existe deux grandes formes de phytothérapie : l’usage de tisanes (infusion, macérations, décoctions) c’est-à-dire l’herboristerie et l’utilisation d’extraits de plantes par le biais de solvants, le plus souvent de l’alcool ou de l’eau. C’est ce que l’on appelle les médicaments à base de plantes.

En France, il y a un problème toutefois : il est interdit d’être herboriste ! Les seuls qui restent sont pharmaciens (ou travaillent avec des pharmaciens) et connaissent les pires ennuis de la terre : procès, menaces administratives, contrôles, etc.

L’autre alternative est de vendre des plantes sous la forme de compléments alimentaires mais en excluant de son commerce la vente de plantes médicinales réservées aux pharmaciens…

Il y a donc très peu d’herboristes : moins d’une centaine sur le territoire français. Et même si l’herboristerie devait être autorisée à nouveau, comme c’est le cas en Belgique depuis 1998, il faudrait des années avant de disposer d’un réseau de professionnels compétents capables de conseiller des patients sur l’utilisation des plantes. En attendant, il faut aller dans les quelques boutiques qui restent et qui — heureusement — font de la résistance.

4/ Trouver des médicaments à base de plantes

A défaut de pouvoir consommer des plantes sous forme de tisanes, on pourrait espérer bénéficier de médicaments à base de plantes, conçus à partir d’extraits notamment. Cette option est devenue difficile. A titre d’exemple, les teintures mères ne sont plus remboursées et les laboratoires qui les produisent sont en train de se désister. Leur nombre devrait se réduire dans les années qui viennent.

La vérité est que la filière industrielle est très limitée car le vivant ne peut pas être breveté. Tout laboratoire qui ferait de la recherche la ferait pour tous. On manque de philanthropes…

La seule solution pour créer une vraie filière est donc de s’appuyer sur les pouvoirs publics et les universités et d’unir nos forces au niveau européen. Il y a du travail !

5/ Trouver des produits de qualité.

Lorsque vous avez enfin identifié les produits dont vous avez besoin, il reste à savoir quelle en est la qualité. Les labels bios et autres sont un indice mais il faut savoir que seules les méthodes de production sont qualifiées de « bio », les produits en eux-mêmes ne sont jamais certifiés après coup. Par ailleurs, il n’existe pas d’harmonisation des labels. Toutefois, sur ce point, le phytothérapeute que vous aurez trouvé au début de votre quête devrait être un recours utile !

Mais surtout, ne vous découragez pas. Et c’est bien la mission de l’Institut pour la Protection de la Santé Naturelle que de travailler activement à rendre plus accessible la phytothérapie !

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