Environnement Lançonnais

Que se passe t-il à la centrale nucléaire de Fukushima ?

mardi 12 juillet 2011 par Alain KALT (retranscription)

Suite a l’accident survenu à la centrale de Fukushima-Daiichi, en mars dernier, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) a effectué un point complet de la situation au 6 juillet 2011.

Tout d’abord, l’IRSN estime que la situation des réacteurs demeure "stabilisée" à ce jour, et que la gestion des grandes quantités d’eau fortement contaminée présentes dans les parties basses des bâtiments (environ 110 000 tonnes) restent encore "un enjeu majeur."

Ainsi, les réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima-daiichi continuent à être refroidis par injection d’eau douce directement dans les cuves contenant les combustibles (environ 3,5 m3/h pour les réacteurs 1 et 2 et 9 m3/h pour le réacteur 3). Ensuite, une injection d’azote est effectuée dans l’enceinte de confinement du réacteur 1 et, depuis le 28 juin, dans celle du réacteur 2 pour maintenir l’inertage (NDLR : procédure visant à remplacer une atmosphère réactive par un gaz inerte) de ces enceintes et éviter ainsi tout risque de combustion d’hydrogène (NDLR : et par conséquent une explosion de l’enceinte). La même action est prévue pour l’enceinte du réacteur 3, mais n’a pas encore pu être mise en œuvre par TEPCO.

Concernant l’eau fortement contaminée, après quelques difficultés de démarrage, l’IRSN note que les 2 installations de traitement de l’eau fortement contaminée montent en puissance (capacité attendue de 1 200 tonnes par jour). Alors que près de 10 000 tonnes d’eau ont déjà été traitées, cette eau est stockée dans des réservoirs provisoires mis en place sur le site. Et après désalinisation, elle est réinjectée dans les cuves des réacteurs. "La capacité de traitement de l’eau étant supérieure à la quantité nécessaire pour refroidir les réacteurs, TEPCO devrait rapidement pouvoir diminuer les quantités d’eau fortement contaminée présentes dans les bâtiments" affirme l’Institut français.

Un point sur l’état des cœurs des réacteurs 1, 2 et 3.

Dès le début de l’accident, les informations disponibles avaient permis à l’IRSN de conclure que le combustible des trois réacteurs avait partiellement fondu du fait de la perte de refroidissement consécutive au tsunami associé au séisme survenu le 11 mars 2011. "Même si aucun élément ne permettait de conclure à un percement des cuves après la relocalisation vraisemblable du combustible au fond de celles-ci", l’IRSN estimait que l’étanchéité des cuves et des enceintes n’était plus garantie.

Des analyses sont menées actuellement par TEPCO et NISA pour décrire l’état des réacteurs (combustibles en particulier) et devraient faire l’objet de communications dans les semaines à venir, afin de mieux comprendre l’état réel des cœurs des réacteurs.

Dans le cas du réacteur 1, des opérateurs de TEPCO sont intervenus dans le bâtiment du réacteur et, après intervention sur les systèmes de mesure du niveau d’eau dans la cuve, ont conclu que ce niveau était bas et que le combustible était vraisemblablement relocalisé dans le fond de la cuve. La température mesurée (110 °C) a permis à TEPCO de conclure que "le combustible est refroidi et stabilisé par l’injection d’eau."

TEPCO considère ainsi que :

- •la majeure partie du combustible du cœur du réacteur 1 a fondu et s’est relocalisée au fond de la cuve ;
- •le refroidissement du cœur est assuré avec l’injection actuelle d’eau ;
- •l’inventaire relativement faible en eau dans la cuve pourrait résulter de la présence d’une ou plusieurs brèches en partie basse de la cuve, avec un écoulement possible de combustible fondu.

Pour les réacteurs 2 et 3, TEPCO retient également la possibilité d’une relocalisation significative de combustible dans le fond de la cuve et d’un percement de celle-ci. Par ailleurs, TEPCO a progressé dans l’évacuation des débris présents autour du bâtiment du réacteur 3, ce qui a permis de dégager l’accès à ce bâtiment. Ceci permettra par exemple l’installation de matériels de purification de l’atmosphère du bâtiment, de protections radiologiques (panneaux de plomb), d’un système d’injection d’azote dans l’enceinte de confinement et de capteurs de pression et de niveau d’eau complémentaires.

Un point sur les rejets actuels.

"En l’état des éléments disponibles, la poursuite de rejets, tant atmosphériques que dans l’océan, ne peut pas être écartée" précise l’IRSN. Cependant, cette dernière estime que "ces rejets diffus sont sans commune mesure avec ceux survenus mi-mars."

L’évacuation des eaux contaminées présentes dans les parties basses des bâtiments des réacteurs et des bâtiments des turbines ainsi que dans les galeries souterraines demeure un objectif majeur. A cet égard, la mise en œuvre d’installations de traitement des eaux fortement contaminées, l’une de conception américaine (société Kurion), l’autre française (Areva), permet de recycler l’eau pour refroidir les réacteurs, limitant ainsi les apports d’eau extérieurs (actuellement 2 tonnes d’eau extérieure pour 14 tonnes d’eau recyclée) et donc les risques de rejet en mer.

L’IRSN précise toutefois que cela entraîne "la nécessité de gérer les boues très fortement radioactives produites par les installations de traitement des eaux."

Par ailleurs, TEPCO a prévu la pose d’une superstructure respectivement sur les bâtiments des réacteurs 1, 3 et 4 afin de limiter les rejets atmosphériques. Une première structure est en cours de montage à l’extérieur du site. Elle sera démontée puis remontée autour du bâtiment du réacteur 1. Enfin, des actions de pulvérisation de produits fixants sur les sols et les bâtiments se poursuivent pour réduire l’entraînement par les vents et les pluies de la radioactivité déposée

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